La crise de la quarantaine !

Publié le par kak

                               On parle beaucoup de la crise d'adolescence ?
                        Mais que savez-vous de la crise de milieu de vie ( CMV) ? 

Quand ? 
Cette notion est apparue vers les années 1960-1970 dans le langage psychosocial anglo- saxon . Cette crise apparait généralement entre 40 et 50 ans ; mais aussi un peu avant, un peu après !
Contrairement à la crise d'adolescence qui n'a pas besoin d'évènements extérieurs pour se déclencher, la CMV apparait souvent suite à des évènements déstabilisants psychologiquement (séparation, rupture) : chomage, licenciement, maladies,  deuils, divorce, déménagement, départ des enfants du foyer familial ...  


Que se passe-t-il ?
C'est l"heure du bilan avec les angoissantes questions de performances existencielles !
- Ai-je bien mené ma carrière professionnelle ?  Ma famille ?
- Quels projets n'ai-je pas encore réalisés ?
- Suis-je satisfait de mon réseau amical ?
- Où ai-je echoué ?

En effet, mener une carrière professionnelle exceptionnelle et se rendre compte que son couple est un désert
 ou 
 avoir sacrifié sa carrière professionnelle pour élever ses enfants...sont des réflexions omniprésentes !

En tout cas, la notion de réussite occupe une place centrale au mileu de sa vie. Cette crise s'accompagne de transformations personnelles parfois très intérieures ou de boulversements spectaculaires ! On parle aussi de ''tournant '' de vie ! Selon que notre route ait été bonne ou chaotique, nous décidons de continuer ainsi ou de prendre un nouveau départ! Chacun de nous va choisir donc de créer, construire la seconde partie de sa vie ou de la subir.


Quitte ou double !
Les plus enthousiastes vous diront :'' je ne me suis jamais senti aussi bien ! Maintenant, j'ai l'impression de vivre ! ''
Les plus pessimistes : ''je me prépare à la retraite ; je commence à perdre la mémoire ; j'y vais doucement car je me sens plus fatiguée !


Il est vrai qu'au midi de notre vie, nous prenons conscience bon gré mal gré, de nos limites et faisons l'expérience de la frustration existencielle. Cela peut aller jusqu'au sentiment de vide.

A la recherche de soi
Globalement, lors de cette CMV, une question existencielle se pose : qui suis-je profondément ? Quelles sont mes valeurs ? Qu'est-ce qui m'importe maintenant ? Suis-je en accord avec l'image que je donne de moi à mon entourage ?
En effet, la construction de notre identité dépend largement de notre passé, lequel conditionne notre anticipation de l'avenir et de l'environnement. Nos choix sont-ils réellement les notres ou bien le rejet de nos désirs de nos parents, de la famille, de nos professeurs, de nos idoles de jeunesse ?

Ces écarts, un jour, vont créer des déchirements !
- J'en ai marre de porter ce masque !
- J'en ai marre d'être la bonne poire ! 


Les conditions ''nécessaires et suffisantes'' à l'émergence de la crise du mileu de vie :


- la difficulté à établir une priorité dans ses valeurs,
- l'orientation vers le passé supérieure au futur et manque de buts dans l'avenir,
- la sensation d'oppression par le temps,
- l'introversion et manque d'ouverture face aux expériences nouvelles.
- l'absence de plaisir !

Les trahisons du corps : une véritable sonnette d'alarme !
Autour de la 40aine, une multitude de petites faiblesses dans la vie quotidienne se répétent et nous anonncent que la jeunesse risque de s'éloigner : on se couche plus tôt, on ne supporte plus les repas copieux, on a besoin davantage de récupérer ...A cela peut s'ajouter un léger embonpoint, la cellulite, les 1ères rides, les cheveux blancs. C'est la triste réalité d'un corps qui commence à nous lâcher, qui devient plus vulnérable.
Autour de soi, on entend parler d'infarctus du myocarde, de cancer ...  

Crise fatale ou salutaire ?
Cette crise peut être néfaste ( divorce, suicide, déprime...) par certains côté et bénéfiques par d'autres (se retrouver...).
En tout cas, elle constitue un moment de transition qui rend vulnérable et met en danger, en même temps qu'elle donne l'opportunité de passer à autre chose et donc de se sentir plus fort : REVIVRE !


De la lune de miel à la prison conjugale
Les thérapeutes de couple le disent : les difficultés conjugales loin de décroitre ont plutot tendance à se multiplier entre 40 et 50 ans surtout quand les conjoints n'ont pas évolué dans le même sens.
On devient insatisfait, on doute après plusieurs années de vie commune : une connivence a disparu ; l'amour a laissé place à l'habitude ou à l'indifférence.

                         Usure + angoisse  = un mélange explosif pour le couple.


En effet un couple s'use avec le temps et les aménagements qu'imposent les différentes étapes de la vie . : naissance, trajectoires professionnelles, déménagement, problème de santé...La confrontation supplémentaire au temps se fait sentir de façon plus aïgue et plus
angoissante.

La nostalgie, l'ennui, le besoin d'exister par soi-même et non plus à travers son couple constituent un terrain propice à l'aventure extra conjugale. Le quadragénaire en crise trouve parfois en son partenaire conjugal l'exutoire de son mal être. Il devient l'unique responsable de toutes les insatisfactions ressenties. Le couple est alors en danger !


De la régression à la reconstruction
Régresser pour progresser ! Ou régresser pour régresser ?

Le plus souvent, passé une période  plus ou moins longue, on se met un jour à prendre des décisions, à organiser des changements : on redevient acteur de sa propre vie, on se projette dans le futur. On ne subit plus, on agit, on s'adapte.

Mais certains ont choisi de ne plus rien faire. La clochardisation, l'alcoolisme, la drogue, le suicide, la coupure avec ses racines, son entourage, l'entrée dans la maldie...en sont des exemples malheureusement fréquents. C'est alors que peuvent apparaitre des troubles pathologiques psychiques ou psychosomatiques.


Et vous ? 
Face au milieu de la vie : 
- faites-vous partie de ceux qui se laissent tenter par la résignation ? 
ou
- vous donnez-vous cette deuxième chance ?  


Une ... deux ... trois..;voire 4 propositions ! :
- ne la laisser pas passer ! ( votre chance !)
- ne comptez pas sur le temps pour résoudre votre mal-être ! Agissez !

- pour faire un pas vers le chnagement...laissez un commentire sous cet article : quel pas...quel petit pas vous engagez-vous à faire dès aujourd'hui ?

- Pour en savoir davantage sur la CMV, recommandation bibliographique : La crise du milieu de vie '', de Françoise Millet-Bartolli ; Edition : Odile Jacob


Karine Smagghe

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