S'entraîner la veille d'une compétition ?

Publié le par kak

Suite à ma dernière conférence au CAF DSA en compagnie de Francis Dujardin (coachWTS) et Sébastien sxay (athlète de haut-niveau), des compléments d'explication m'ont été demandés concernant l'intérêt de s'entrainer la veille d'une compétition.

2 réponses :
- Avantages psychologiques
( mais pas pour tout le monde ! ) d'ou l'intérêt de tester et de conclure que....L'avantage de cette séance est de ''basculer'' dans la compétition car le début d'une compétition ne démarre pas au coup de sifflet, au coup de pistolet du starter mais bien avant !
L'inconvénient : des sensations négatives, peuvent altérer l'état de confiance de l'athlète.

- Avantages physiologiques ? un phénomène de surcompensation, (comme l'indique Francis Dujardin, Coach WTS, dans les commentaires) pourrait survenir et nous mettre dans de meilleures dispositions le jour de la course


1 ) La Surcompensation...qu'est ce ? 

C'est une adaptation de l'organisme à l'exercice. L'activité physique s'accompagne d'une perturbation de la constance du milieu intérieur de l'organisme.
Cette altération persiste bien après la fin de l'exercice. Ce n'est que progressivement que le corps parvient à retrouver une stabilité de toutes ces fonctions. Si la récupération le permet, ce retour à l'équilibre s'accompagne d'un renforcement des systèmes fonctionnels engagés dans l'exercice. Comme si ces systèmes biologiques avaient appris à mieux faire face à un éventuel retour de telles conditions de fonctionnement.
La surcompensation est le nom donné au rétablissement des systèmes fonctionnels de l'organisme à un niveau supérieur à celui d'avant exercice.


 

2) Surcompensation et programmation de l'entraînement

Ce principe stipule que l'amélioration des qualités est maximale si la nouvelle sollicitation intervient pendant la phase de surcompensation. Dès 1965, L.P. Matveiev  indiquait l'importance de combiner l'alternance des séances avec les périodes de repos de façon telle que chaque séance intervienne au moment où les capacités de travail sollicitées par une séance de même type ont été régénérées voire augmentées (shéma 1).

Cependant il est possible d'organiser l'alternance des sollicitations et des récupérations de façon à ce qu'un nouvel exercice intervienne sur un fond de récupération incomplète. Ce fonctionnement provoque une accumulation de fatigue censée déclencher une surcompensation plus

importante appelée hyper-compensation..
Inutile d'insister sur le fait que ce type d'organisation est extrêmement éprouvant pour l'organisme et peut le conduire rapidement à un état de surmenage (shéma 2). En revanche son utilisation périodique chez l'athlète confirmé, augmenterait efficacement le niveau d'entraînement.

 


Schéma 1 : surcompensation ( en vert)
Schéma 2 : absence de surcompensation  ; risque de surentrainment (en rouge)


3) Les conditions d'une surcompensation

- Une récupération suffisante en fonction de l'exercice réalisé

- Pour obtenir une surcompensation, l'exercice doit avoir une intensité suffisante. En dessous d'un certain seuil, l'exercice n'a pas d'effet sur les qualités physiques.

- Selon le monde scientifique, à niveau de travail comparable, le temps de surcompensation varie selon la qualité sollicitée. Elle intervient après :
12 à 24 heures pour des exercices de vitesse
24 à 48 heures pour des exercices de résistance
48 à 72 heures pour des exercices d'endurance (puissance aérobie)


 4) Critiques et limites de ce principe
Le moment exact de la surcompensation est difficile à cerner avec exactitude. En plus de sa dépendance à la charge de travail, il dépend aussi de l'impact ressenti par un organisme. Nous pouvons dire que pour un athlète en forme, il y a de bonnes chances pour que le temps de récupération s'approche des chiffres forunis.

Cette 1ère critique prévient alors du danger qu'il peut y avoir à se fier unqiuement à ces temps théoriques de surcompensation. Et puis si vous décidez d'appliquer ce principe, que faites-vous ? Un exercice de vitesse chaque jour ? un exercice de résistance tous les 2 jours ? Un exercice d'endurance tous les 3 jours ? Vous risquez d'être épuisé ! 

5) Séance la veille d'une compétition ?

Pour les 3 - 4 jours qui précèdent une compétition, là tout colle ! Une seule séance, une qualité sollicitée, celle intervenant dans la compétition.
Un seul principe : 24 h pour la vitesse, 48 h pour la résistance, 72 h pour l'endurance. 

Chacun se fera son opinion sur cette pratique en gardant à l'esprit l'idée selon laquelle ce n'est pas parce qu'un principe est vrai une fois qu'il est vrai chaque fois.

 

 

   




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DUJARDIN 18/01/2009 17:38

La séance de la veille à un but essentiel.
Créer une surcompensation, et déclnecher certains processus hormonaux, suite à une stimulation correctement dosée.
l'imprtant étant bien entendu de ne pas entamer son potentiel énergétique pour la course, et de créer des "lésions" qui demandent une récup importante.
A ne pas faire:
Séance longue + de 1heures exigeant une reconstitution des réserves sur 48h à Plus.
Séance d'intensité lactique qui va demander trop de récupération 48h à plus.
ce qui est bon:
Une séance de 30 à 45mn comportant quel ques accélérations en I4(90% de PMA)
et des ntervalles de récup en I2 I3.
Pour ceux que cela interesse je peux envoyer un exemple de séance.
Certains athlétes préfèrent placer cette séance l'avant veille, je considère qu'il s'agit ici d'un phénomène plus "psy" , les tests montrent le contraire.
francis.dujardin@wanadoo.fr